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  • LES RENDEZ-VOUS IMPORTANTS : 
  • January 23rd, 2012 : Lunar New Year (Year of the Yang Water Dragon called Nhâm Thìn in vietnamese). I wish you Good Luck in the New Year 
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  • 2010 : Hà Nội, capitale du Việt Nam, célèbre ses mille ans d'histoire. Chào Mừng Hà Nội 1000 Năm tuổi !
  • 2009 : La fac de Droit d'Aix-en-Provence, France, fête ses 600 ans (1409-2009). Félicitations à ses illustres Enseignants, à son personnel, aux actuels élèves et à tous les alumni en France et hors de France : Enseignants, Préfets, Magistrats, Policiers, Avocats, Diplomates, Journalistes, Artistes ...  [Consulter le programme des festivités] La fac de Droit d'Aix-en-Provence (Aix-Marseille III) : école doctorale d'excellence de niveau international (note : trois A+) selon le classement quadriannuel du Ministère délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche [Lire la suite] [Télécharger le classement]
 
  • 2010, 26-27 mai : 18e réunion des Ministres des Affaires étrangères ASEAN-UE à Madrid.
  • 2010, 23 juillet : 17e sommet du Forum régional de l'ASEAN prévu à Hanoi, Vietnam.
  • 2010, 4-5 octobre : 8e sommet de l'ASEM prévu à Bruxelles, Belgique.
  • 2012 : 19e réunion des Ministres des Affaires étrangères ASEAN-UE prévue à Brunei Darussalam. 


  • LE LIVRE : Aspects juridiques de la participation des Etats de l'ASEAN à l'OMC, Tran Thi Thuy Duong, L'Harmattan, Coll. Logiques juridiques, Paris, 2008. [Présentation de l'ouvrage]
  • LES RAPPORTS :
  • Top Risks of 2011, Eurasia Group. Principaux risques en 2011 par la firme de consultance Eurasia Group spécialisée dans l'anayse du risque politique... [.pdf Lire]
  • La Mondialisation 2.0, Pays émergents : vers une nouvelle architecture mondiale, Ernst&Young, 2009. L’étude met en exergue la montée en puissance depuis quelques années de firmes issues des pays émergents, notamment chinoises, tant en termes de performances opérationnelles que boursières... [.pdf Télécharger l'étude]
  • The World in 2050 – Beyond the BRICs, PricewaterhouseCoopers, 2008. Le centre de gravité du globe se trouvera-t-il demain en dehors des pays de l’OCDE, tandis que la Chine sera la première puissance économique mondiale ? Analyse du cabinet PricewaterhouseCoopers... [.pdf Télécharger le rapport]


  • L'ENTREPRISE : Lors de l'un de vos déplacements entre le Vietnam et l'Europe, voyageriez-vous peut-être à bord d'un avion de Vietnam Airlines ? Vietnam Airlines est la compagnie aérienne nationale du Vietnam. Juridiquement fondée en 1989, mais puisant ses origines dans l'année 1956, elle appartient au groupe public Vietnam Airlines Corporation...[Lire la suite]


  • LE POINT DE VUE SOUS OBSERVATION : Le marché étranger visé est rarement un espace vierge de toute présence commerciale. Les producteurs et importateurs locaux ont souvent contribué à façonner une organisation à laquelle l'entreprise est le plus souvent contrainte à s'adapter que le contraire. D'autre part, si l'entreprise estime compter plusieurs concurrents, compatriotes ou non, il lui faut admettre que l'intérêt qu'elle porte à un marché particulier risque d'être tôt ou tard partagé par ces derniers. L'entreprise doit ainsi s'informer précisément de l'état de la concurrence sur le marché visé. Cela est d'autant plus nécessaire que toute l'entreprise est fragile lors de son entrée sur un nouveau marché, offrant ainsi une vulnérabilité qui risque de ne pas échapper à des concurrents décidés et déjà solidement implantés sur ce marché.         Alain OLLIVIER, Professeur à l'ESCP Europe (Paris) [Lire plus bas note en bleu V ]



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Thi đua ta quyết thi đua
Thi đua ta quyết tiến lên hàng đầu
Hàng đầu rồi biết đi đâu ?
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LE POINT DE VUE SOUS OBSERVATION



Le marché étranger visé est rarement un espace vierge de toute présence commerciale. Les producteurs et importateurs locaux ont souvent contribué à façonner une organisation à laquelle l'entreprise est le plus souvent contrainte à s'adapter que le contraire. D'autre part, si l'entreprise estime compter plusieurs concurrents, compatriotes ou non, il lui faut admettre que l'intérêt qu'elle porte à un marché particulier risque d'être tôt ou tard partagé par ces derniers. L'entreprise doit ainsi s'informer précisément de l'état de la concurrence sur le marché visé. Cela est d'autant plus nécessaire que toute l'entreprise est fragile lors de son entrée sur un nouveau marché, offrant ainsi une vulnérabilité qui risque de ne pas échapper à des concurrents décidés et déjà solidement implantés sur ce marché.         

Alain OLLIVIER, Professeur à l'ESCP Europe (Paris)

 

 


 

Pour illustrer le point de vue du Professeur Alain Ollivier, je voudrais évoquer un petit sondage que je me suis amusé à faire au cours de mon séjour  en Asie, auprès de managers avec qui j’ai eu le plaisir de bavarder. Travaillant dans le pays où je me trouvais, ils pouvaient être des nationaux (Vietnamiens, Thaîlandais...) ou expatriés (j'ai rencontré des "expats" coréens, japonais ou chinois ; mais la plupart du temps, ceux que j'ai torturés avec mes interrogations étaient occidentaux).


Le questionnaire très simple ne comprenait qu'une question pour chacun des deux groupes (autochtones, expatriés).


Aux managers de la nationalité du pays d’accueil, la question était : « Quelle est, selon vous, la principale difficulté rencontrée par les firmes étrangères  dans votre pays ? » (Vietnam, Thaïlande, Malaisie, Singapour, Chine)


Et aux expatriés : « Quelle est la principale difficulté rencontrée par votre entreprise dans le pays où vous êtes en train de travailler ? »


Cela se déroulait le plus souvent un  dimanche matin à la terrasse d’un café où l’on parlait de tout et de rien de façon détendue.


La question n’est pas fermée : mes interlocuteurs donnaient leurs avis.


Ils avaient le sens de l’humour : ont été signalés les moustiques, l’humidité, les  chocs thermiques entre l’extérieur et les bâtiments climatisés, les fantastiques agréments du pays d’accueil qui empêchent de se concentrer correctement… Bon point : il est réjouissant de converser avec  des gens qui prennent la vie du bon côté. Nous avons en effet  éclaté de rire.


Plus sérieusement, au-delà des spécificités de chaque lieu et entreprise, un certain nombre de problèmes à divers degrés revenaient dans les propos :


Rapports parfois difficiles avec les pouvoirs publics 


Manque de fiabilité de certains partenaires  (retards de livraison, non-conformité des produits au cahier des charges…)


Manque de clarté du cadre juridique


Comportement fautif des salariés


A mon étonnement, les différences culturelles et en matière de pratiques d’affaires, si souvent évoquées dans les séminaires de formation pour  cadres expatriés, ne sont pas considérés par mes interlocuteurs comme des freins nécessitant des études coûteuses. « Il suffit de créer une ambiance de respect de la personne. » disent-ils.


En fait, tous s’accordent à reconnaître que le défi premier tient  à la concurrence, les  autres problèmes  étant  finalement assez faciles à gérer :


des relations malaisées avec les autorités peuvent être solutionnées par le recours à des conciliateurs  ; un avocat d’affaire peut conseiller en cas de  difficultés d’ordre juridique ; un sous-traitant qui ne satisfait pas peut  être remplacé …


Que des firmes locales et étrangères réagissent pour contrer un rival, le processus n’a rien d’extraordinaire. La guerre économique se présente sur tous les marchés. Elle n’est pas spécifique à l’Asie du Sud-Est.


Excepté le cas particulier de Singapour où la situation est assez ouverte, ce qui caractérise la concurrence dans les pays de la région, c’est sa difficulté d’appréhension : ceci est non seulement du à la faible transparence des marchés en raison du manque d’informations précises, mais aussi  à  l’inachèvement de la pratique administrative et judiciaire contre les pratiques anticoncurrentielles et de concurrence déloyale (d’où, d’une part, la fréquence et une grande palette d’agissements possible en raison de l'insuffisante dissuasion institutionnelle, d’autre part, la difficulté de les identifier de façon rationnelle en analysant par exemple les décisions de justice).


Toujours est-il que trois caractéristiques concurrentielles peuvent désorienter l’entreprise occidentale, habituée à agir dans des environnements d’affaires balisés avec des fronts bien définis.

 


Absence de ligne de démarcation nette. Les apparences peuvent être trompeuses en raison de l’enchevêtrement  des liens, à la fois non formalisés et très évolutifs, dans lequel baignent les opérateurs économiques et de l’importance du secteur informel  : un allié, pour certains segments d’activités, peut être en fait un rival indirect en raison de ses intérêts étroits dans une firme locale ou étrangère  fabriquant  des produits concurrents, qu’il s’abstiendra de dévoiler, non dans la volonté de nuire, mais pour des raisons concurrentielles. Dans la plupart des cas,  la cartographie des intérêts d’un partenaire est de ce fait très difficile à dresser. Les clauses de confidentialité prévues par exemple dans des contrats de sous-traitance ne suffisent pas toujours. Aussi, pour répondre à  ces incertitudes, les firmes prudentes déploient des  plans de défense notamment de leur  patrimoine technologique, d’autant plus que la protection de la propriété intellectuelle est généralement très lacunaire dans la région (sauf à Singapour). (Noter que  les lignes de front seraient à Singapour beaucoup plus lisibles que sur les autres marchés grâce à un accès facilité aux sources d'information)

 


Importance des relations personnelles.  Disposer de bons contacts permet d’octroyer à la firme un avantage compétitif  (par faire : ex. un ami fournit une bonne info sur un sous-traitant ; ou ne pas faire : ex. : une administration s'abstient  de faire des tracasseries). L’Asie ne fait pas exception à la règle. Le réseau social dans la région comporte cependant des spécificités. L’avantage compétitif n’a lieu que quand un certain nombre de conditions sont réunies. L’erreur la plus fréquente commise par les managers occidentaux est d’en avoir une vision restreinte aux relations de travail et des connexions abstraites entre technostructures.  Le réseau en Asie n’est pas simplement des cartes de visites échangées, un ensemble de cadeaux d’entreprise, de repas d’affaires et de karaokés organisés rituellement entre décideurs. Ce qui est déterminant c’est la personnalisation qui va permettre de « positionner » l’entreprise au sein du réseau. Deux niveaux sont décrits  : seuls les rapports d’amitié allant au-delà du travail entre deux individus construits sur le sentiment (tình cm en vietnamien), la confiance  et le  long terme sont véritablement distinctifs et permettent des relations de type gagnant-gagnant (win-win). Hors ce noyau stable  d’intimes (apparentés et amis), il faut avoir constamment à l’esprit que le réseau fonctionne selon le principe de l’intérêt mutuel bien compris, sur la base du donnant-donnant (tit for tat). Quoi qu’il en soit, on est dans le domaine de l'intuitu personae non transférable. Vu sa primauté, le portefeuille de relations de la firme, somme des connexions personnalisées de chacun des dirigeants, peut être considéré en Asie comme un actif incorporel au même titre que les brevets par exemple.

 


Osmose entre les milieux d’affaires et le monde politique.  Les élites économiques  et politiques sont étroitement imbriquées les unes aux autres en raison notamment de l’interventionnisme de l’Etat dans  la vie économique, mais encore de liens personnels forts qui unissent les individus entre eux par-delà leurs fonctions professionnelles.  Cette connivence  a l’avantage, outre d’augmenter la vitesse de la prise de décisions, d’assurer la synchronisation entre le pouvoir public et les entreprises  dans le cadre de stratégies de promotion des exportations où le gouvernement a la mission de régler notamment à l’OMC les problèmes d’accès aux marchés. Toutefois sur le plan de la concurrence,  des lignes de partage floues entre le business et les titulaires de  charge publique peuvent engendrer des conflits d’intérêt qu’un opérateur venant d’un pays éloigné n’est pas toujours en mesure de détecter. C’est ainsi qu’une firme étrangère peut se trouver  en situation d’inégalité face à des entreprises (locales ou étrangères) bénéficiant de protections politiques.

 

bruno kermarec

 

 

Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 15:16

Le pays se tourne de plus en plus vers les services à haute valeur ajoutée.

Samsung, Canon, Foxconn, Neon Led, Hazan Group… qu'ils soient coréens, chinois ou japonais, tous les grands groupes asiatiques y sont installés.

 

L'an dernier, plus de 200 sociétés nippones, confrontées aux conséquences du tsunami et de la catastrophe de Fukushima, ainsi qu'aux inondations en Thaïlande, sont parties s'implanter au Vietnam, y investissant 1,4 milliard d'euros.

 

En juillet 2011, le français SEB y a racheté le numéro un local des ventilateurs, Asian Fan, pour en faire sa tête de pont en Asie. Et en décembre de l'année dernière, Nokia a fermé son usine roumaine pour la délocaliser dans le nord du pays.

 

Si les premiers investissements étrangers au Vietnam concernaient des secteurs bas de gamme, dans le textile ou les chaussures notamment, et l'industrie légère pour profiter des bas salaires du pays, ils sont désormais de plus en plus orientés vers des domaines très sophistiqués et vers les services.

Une main d'œuvre moins chère par rapport à la Chine

Un rapport du McKinsey Global Institute (télécharger le rapport en PDF), publié la semaine dernière, qui salue la forte croissance du Vietnam ces cinq dernières années (7% par an en moyenne) et la nette amélioration de sa productivité, estime que «l'externationalisation des services à forte valeur ajoutée apparaît comme un axe de développement prometteur». Et d'affirmer qu'en «s'appuyant sur sa population diplômée du supérieur, le Vietnam dispose du potentiel pour devenir l'une des dix premières destinations mondiales pour l'offshoring de services».

Ces services ont déjà rapporté 1,5 milliard de dollars à l'économie vietnamienne l'an dernier et font travailler 100.000 personnes. Mais ils peuvent se développer beaucoup plus grâce aux «257.000 diplômés qui sortent des lycées et des universités chaque année» et au fait qu'un «informaticien est embauché au Vietnam à un coût inférieur de 60% à celui d'un bon technicien en Chine», assure McKinsey.

Partenariats universitaires

Les universités et les grandes écoles en France ne s'y sont pas trompées qui, de Paris à Toulouse, en passant par Lyon, Bordeaux et Orléans, proposent des diplômes de master en management ou en finance délocalisés à Hanoï et à Hô Chi Minh.

Cependant, avant de rivaliser avec l'Inde, le Vietnam devra surmonter trois écueils: mettre sur pied des agences spécialisées pour attirer les étrangers dans ce domaine où ils ne l'attendent pas, développer plus qu'il ne le fait les partenariats public-privé et montrer une véritable volonté politique de s'y engager.

Depuis le lancement, en 1986 de sa politique du «Doi Moi», la politique du «Renouveau» et son accession, en 2007, à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le régime communiste s'est incontestablement ouvert. Mais il a encore beaucoup à faire.

S'il peut profiter d'une population jeune, il va devoir faire face, comme la Chine, à une hausse inéluctable de ses coûts salariaux qui le rend déjà moins compétitif que le Bangladesh et le Cambodge. Et s'il veut maintenir son rythme de croissance au niveau de celui des dernières années, il doit impérativement monter en gamme. Mais s'il y parvient, promet McKinsey, il pourra «réaliser son rêve de devenir un poids lourd des technologies de l'information».

 

Source : Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/28/20002-20120228ARTFIG00507-le-vietnam-eldorado-des-delocalisations.php

Par Bruno Kermarec - Publié dans : Press Vietnam&Business
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 20:15

Bonne-annee-2012.jpg

Par Bruno Kermarec
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 11:09
Le déclin de l'Occident
ACDEFI - 19 décembre 2011
   

Les relations commerciales entre l'Orient et l'Occident ont toujours été très actives. Ainsi les « routes de la soie », établies dès le deuxième siècle avant JC, ont continué à être sillonnées pendant tout le Moyen-âge, le thé et les épices venant s'ajouter aux soieries. Au niveau militaire, les conflits ont été plus rares. Notons la campagne d'Alexandre le Grand contre les Perses puis en Asie Centrale (il détruisit Samarcande) et son échec face au roi Poros (plaines de l'Indus). On peut y ajouter les multiples guerres des Romains face aux Parthes et, ensuite, les croisades face au monde islamique.

Dans un premier temps, c'est l'Orient qui développe les innovations technologiques : invention du papier en Chine, dès le VIème siècle, puis des livres imprimés, et création des premiers billets de banque vers le Xème siècle, ainsi que la mise au point de la poudre et la découverte du compas de marine. Ajoutons que les premiers essais d'éclairage urbain à partir du gaz naturel ont été observés dans l'Empire du Milieu, dès le XIIème siècle. N'oublions pas non plus l'utilisation des chiffres (dits « arabes ») et du zéro, qui peut être attribuée à l'Inde et nous ont été transmis par l'Islam. Enfin, à l'époque où les capitales européennes  peinent à rassembler plus de 50 000 âmes, les grandes villes asiatiques  dépassent plusieurs centaines de milliers d'habitants à l'instar d'Angkor, capitale du royaume khmer.

C'est le quinzième siècle qui va marquer le tournant historique d'un retournement de situation remarquable. En effet, au début de ce siècle « charnière », l'empire chinois est en pleine expansion : il envoie ses navires dans toute l'Asie et reçoit des tributs de tous les peuples d'Orient. Par ailleurs, sa flotte, sous le commandement de l'amiral Zheng He, est  envoyée vers le Golfe Persique et les côtes africaines. On sait même (documents récents) qu'une importante expédition chinoise a accosté rapidement en Amérique an 1421. A l'époque, les Européens  se sont à peine aventurés sur les côtes du Maroc, leurs caravelles étant considérées comme petites face aux énormes jonques chinoises. Soudainement, l'Empire du Milieu se replie sur son centre, abandonnant la périphérie et les continents lointains, au moment même où les Européens se lancent à la découverte de nouvelles terres : Vasco de Gama arrive en Inde et Christophe Colomb découvre l'Amérique. Au début du 16ème siècle, l'équipage de Magellan boucle le premier tour du monde.

Les siècles suivants vont voir l'hégémonie progressive de l'Europe. D'une part, la colonisation de nouvelles terres et la confiscation des richesses qui s'y trouvent,  accompagnées de l'essor de l'esclavage (main d'œuvre très bon marché) va faciliter l'accumulation d'actifs et le développement du capitalisme industriel, dont le centre, à partir du 18ème siècle, sera la Grande Bretagne. Celle-ci, en prenant possession de l'Inde, contribuera à faire disparaître l'industrie textile locale, au profit des usines britanniques. D'autre part, la Chine, principale puissance de l'Orient, se fermera aux marchands étrangers et, par ce biais, au développement  industriel, à tel point qu'à partir de 1840 et des guerres de « l'opium », elle sera elle-même colonisée et « dépecée » entre les principaux Etats européens (régime des « concessions »). Cette situation perdurera jusqu'en 1945.

Depuis lors, un rééquilibrage a commencé à se faire jour, favorisé par l'indépendance obtenue par les pays d'Asie (Inde en 1948 - Indonésie en 1947 etc.) et l'arrivée des communistes au pouvoir en Chine (1949). D'un point de vue économique, ce mouvement de bascule s'est amplifié depuis la fin du siècle précédent, avec, entre autres, les réformes introduites par Deng en Chine et l'ouverture progressive de l'Inde sur le monde : la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale(1) ; l'Indonésie, la Corée et  le Vietnam progressent rapidement. Quelques statistiques le confirment : en 10 ans, les échanges sino-indiens ont été multipliés par 28 (62 milliards de dollars en 2010).

De même, le commerce sino-russe a été multiplié par 7 pendant la même période (55 milliards en 2010) et les relations commerciales entre l'Asie et l'Amérique du Sud dépasse 270 milliards de dollars (multipliées aussi par 7 en 10 ans).

Aujourd'hui, la Chine est le principal investisseur au Brésil, avant même les Etats-Unis. Par ailleurs, la Chine, l'Inde et la Corée du Sud ont acheté récemment des millions d'hectares en Afrique (Ethiopie, Mozambique, Soudan) et investissent des sommes considérables dans les gisements de matières premières africains (à titre d'illustration, on notera que les échanges commerciaux entre l'Inde et l'Afrique sont passés de 1 à 50 milliards de dollars en 10 ans).

Face à ce rééquilibrage, l'Occident apparaît relativement peu préparé à une remise en cause de son hégémonie. Les Américains souhaitent une réévaluation du renminbi chinois, mais appréhendent l'arrivée de cette devise, en tant que monnaie de réserve. Autre sujet d'inquiétude : l'augmentation prévue des échanges Sud-Sud (2), qui ne profiteront pas aux pays développés. De ce fait, si la croissance mondiale dépassera les 3% en 2012, elle sera limitée à 1,5% dans les pays développés. Le mouvement entamé, surtout depuis le début du siècle, n'est pas prêt de s'inverser ! A nous d'en tirer les conséquences.

 

Bernard MAROIS

Professeur Emérite HEC Paris

Président d'Honneur Club Finance HEC

 

 

 

 

(1)    Par ailleurs, le part de la Chine dans les échanges internationaux est passé de 3,5% en 2000 à 10% en 2011.


(2)    Selon de récentes statistiques, les flux d'échanges et de capitaux entre les pays émergents devraient être multipliés par 10 lors des 40 prochaines années.


 

http://www.acdefi.com/index.php?pid=1271

Par Bruno Kermarec - Publié dans : Mondial
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 12:01

Michel Aglietta (X-ENSAE) est économiste.

 

Un état des lieux et une mise en perspective du développement chinois sous l’œil affuté de l’économiste de la régulation.

 

Mieux qu’un décryptage, c’est à un véritable voyage dans la pensée stratégique chinoise que nous convie ici Michel Aglietta, en avant-première de la publication de son prochain ouvrage. Maîtres dans l’art de manier les contraires, les Chinois ont utilisé la crise qu’ils ont durement ressentie pour mieux rebondir et accélerer la mise en place d’un nouveau modèle de croissance… durable. Et il en est persuadé : d’ici une dizaine d’années, la Chine aura réalisé des résultats spectaculaires sur la voie du développement durable. Elle ne sera plus ce pays pollueur et exploiteur que nous croyons connaître aujourd’hui. Face à cela, quelle attitude doivent adopter les Occidentaux à l’égard de cette Chine nouvelle ? Michel Aglietta, l’économiste, n’hésite pas à se faire plus politique, recommandant de jouer la partie sereinement et tranquillement avec les Chinois. “Faisons des Chinois nos alliés parce nous partageons avec eux les mêmes objectifs à long terme. La crise nous a invités à penser le monde de façon radicalement différente et l’approche chinoise peut nous y aider. Ce serait suicidaire pour les Occidentaux de ne pas l’accepter.”

 

En matière de réflexion stratégique, les Chinois ont une avance décisive sur les Occidentaux. Ils sont convaincus de la nécessité de transformer de fond en comble leur régime de croissance. Ce dernier, fondé sur les exportations en direction des consommateurs occidentaux – principalement américains -, n’a plus d’avenir en raison de l’effondrement du crédit. Or là où les Chinois envisagent des changements radicaux, nous continuons à croire que la crise n’est qu’un mauvais moment à passer. Alors que le défi est le même : réinventer un modèle de croissance. Les Chinois ont utilisé la crise comme un levier pour accélérer leur mutation et ils avancent, non sans difficultés, tandis que nous, nous piétinons. Bien plus que le soutien conjoncturel de la croissance, la Chine est en train d’élaborer un nouveau modèle de croissance basé sur l’urbanisation car c’est dans les villes que l’on trouve les classes moyennes qui consomment. Or une telle mutation se gère nécessairement sur une dizaine d’années et non pas au trimestre. En chinois, le mot crise signifie “capacité de capter le moment”, “opportunité”. Pour les stratèges chinois, nulle notion d’équilibre, l’histoire est un processus permanent d’interactions entre les institutions et les structures économiques et ce processus produit à la fois ses propres contradictions et ses propres capacités à les dépasser. Le chemin est pris, on le voit dans la réduction du solde commercial. L’excédent courant extérieur, qui était monté entre 2005 et 2007 jusqu’à de 10 % du PIB, est déjà redescendu à 4 % et il devrait s’établir au niveau plus normal de 2 à 3 % d’ici quelques années.

 

Les enseignements de la crise

 

La crise financière, durement ressentie par la Chine, a entraîné la prise de conscience par les Chinois de leur trop grande dépendance au commerce international. Les autorités de Pékin ont fait preuve d’une très grande réactivité en adoptant le plan de relance le plus important de tous les pays. L’argent injecté en six mois a été utilisé dans des projets qui étaient déjà dans les cartons, tels que l’amélioration des infrastructures de transports assurant de meilleures liaisons avec l’ouest du pays qui regorge de ressources primaires (minérales et énergétiques) et qui peut développer le tourisme et aiguilleurs ecologique. Ainsi, contrairement à ce qu’on aurait pu redouter, cet énorme plan de relance de 4 000 milliards n’a pas beaucoup ajouté de capacités improductives. Le problème s’est en réalité situé au niveau des collectivités locales qui, en voulant “en rajouter”, se sont livrées à une surenchère à base de spéculation foncière. Le plan de soutien à la croissance a donc entraîné à la fois une accélération positive de la modernisation des infrastructures et – point plus négatif – contribué à gonfler encore davantage la bulle immobilière. Les Chinois ont aussi pris conscience de la vulnérabilité de leur modèle de croissance trop exclusivement tourné vers la demande des pays de la zone OCDE. Très vite, les Chinois ont compris que ces débouchés allaient inéluctablement et durablement ralentir. D’où la nécessité de redéployer leurs exportations vers d’autres zones et de mettre en place de nouveaux facteurs de croissance internes. L’autre leçon tirée de la crise est d’ordre monétaire. Puisque l’effondrement du commerce international à fin 2008 a été provoqué par la disparition des moyens de paiement en dollars sur le marché monétaire mondial, les Chinois en ont conclu que pour se prémunir d’une prochaine crise, il leur fallait désormais découpler le plus possible leur économie du billet vert en internationalisant le yuan. D’où, en juin 2010, les décisions conjointes de découpler le taux de change de la monnaie et le renforcement de la place de Hong-Kong en tant que centre financier au service des intérêts de la Chine.

 

L’ambition chinoise asiatique
Conformément à la philosophie ancienne chinoise des relations internationales, les Chinois ne sont aucunement tentés d’exercer une hégémonie car ils savent, leçon apprise de l’histoire, que l’hégémonie ne dure jamais. La puissance dominante épuise en effet ses ressources pour gérer son expansion et, tôt ou tard, n’arrive plus à distribuer suffisamment d’avantages à ses alliés qui dès lors se retournent inéluctablement contre elle. Autre enseignement de la philosophie chinoise : les Chinois considèrent que les conquêtes militaires se retournent toujours contre leurs initiateurs et que des relations paisibles et non agressives sont bien plus préférables. D’où l’idée de faire de la zone asiatique une véritable zone de prospérité régionale autour de la Chine. Dans cette optique, Pékin joue la carte des accords régionaux croisés qui ont pour effet de lier tous les pays de la région les uns aux autres (ASEAN +1, ASEAN + 3). Mais pas de doute : le projet est de constituer un espace asiatique et non pas transpacifique, la volonté chinoise étant clairement de refouler les Etats-Unis hors de l’Asie. En renforçant ses échanges avec l’Asie en développement (Asie du l’Est et du Sud-Est, y compris l’Indonésie) et l’Inde, la Chine est un catalyseur de l’intégration asiatique. Pékin intensifie ses relations avec les autres pays émergents du monde sous la forme de partenariats bilatéraux.

 

Les armes du “soft power”
Pour corriger la perception d’une Chine dangereuse et agressive, les Chinois cherchent à donner d’eux-mêmes l’image de la coopération et de la solidarité réciproque et utilisent les armes de la persuasion douce, du “soft power”. C’est ainsi qu’ils ont développé un partenariat de grande dimension avec le Brésil (portant sur la transformation de matières premières sur place), ce pays leur servant de porte d’entrée dans l’Amérique latine. Même chose avec l’Afrique et l’Australie. Ils multiplient les ouvertures de centres Confucius dans la région et, forts de leur familiarité millénaire avec le bouddhisme, ils ont commencé les travaux d’approche du Pakistan et de l’Inde. Autre axe stratégique pour se faire bien voir, les Chinois ouvrent leurs universités aux étudiants de tous ces pays “à l’américaine”. Déjà plusieurs centaines de milliers de ces étudiants résident et apprennent en Chine.

Les politologues américains qui plaquent le modèle de la guerre froide sur leurs relations avec la Chine font un total contresens sur les intentions réelles chinoises. Certes, la question épineuse de la réintégration de Taïwan dans le giron chinois reste incontournable pour Pékin et demeure source de difficultés avec les Etats-Unis. Pékin se contentera-t-il de la réussite de la stratégie “d’enveloppement” de Taïwan par l’économie ? Pour l’heure, le parti joue de façon ambigüe sur deux tableaux : l’économique et la militaire.

 

Les résistances au changement
L’autre aspect très important est l’internationalisation de la monnaie, sujet d’autant plus crucial qu’il est au centre de tensions et de rivalités à l’intérieur même du parti communiste et de l’Etat. Les éléments issus des secteurs traditionnels de l’économie et de la politique ne sont pas favorables à un changement de la gestion de la monnaie tant, disent-ils, que la phase de transition n’est pas achevée et surtout que le douzième plan n’a pas donné tous ses fruits en termes de productivité des facteurs et d’augmentation du surplus distribuable. Ces dirigeants des entreprises d’Etat, souvent dignitaires du parti, ont surtout fait alliance avec les gouverneurs locaux pour organiser le circuit économique et financier à leur profit et ils n’ont aucun intérêt au changement.

Or, travaillant pour la plupart dans l’industrie lourde à la tête d’entreprises en surcapacité chronique, ils voient d’un mauvais œil toute appréciation du change qui laminerait leur avantage de compétitivité (en France, on a longtemps connu cette résistance à une hausse du change du côté patronal). Un lobby très puissant relayé au niveau central par le ministère du Commerce extérieur et par l’importante commission national de réforme et de développement, l’organisme central qui, auprès du Conseil des affaire d’Etat et du secrétaire d’Etat, pilote la planification stratégique. Enfin, tout aussi opposé à modifier le change, le lobby dit de “Shanghai”, regroupement de dirigeants locaux, de dirigeants d’entreprise et de hauts fonctionnaires partisans d’une croissance forte fondée sur l’accumulation intensive. Contre cet ensemble un brin hétéroclite s’oppose autour de la Banque centrale du Trésor une partie des dirigeants politiques plus sensibles aux effets sociaux négatifs de ce modèle : creusement des inégalités de revenu, protection sociale insuffisante, question foncière non résolue…

 

La nature paradoxale du régime
Le régime développe une forme d’autoritarisme très particulier car en même temps, le pouvoir est très sensible à l’opinion publique. Au niveau local (pratiquement 50 % de la population vit encore à la campagne), les liens tissés entre la population et les dirigeants sont très denses et débouchent souvent sur des conflits durs. Idem dans les entreprises. Les nouvelles générations de travailleurs plient moins sous le joug que les masses précédentes, celles qui ont contribué au décollage du pays. Enfin, faute de médiation syndicale, le développement économique côtier fait aussi monter une tension sociale difficile à canaliser dans les entreprises. Tout cela remonte aux oreilles du gouvernement central via le parti communiste et ses deux millions d’adhérents. Si bien que le pouvoir, informé en temps réel, prenant très au sérieux les frustrations de la population, se montre à la fois soucieux de maintenir la croissance mais aussi de renouveler les objectifs. C’est l’axe du douzième plan.

 

L’internationalisation du yuan
La décision d’internationaliser le yuan s’est concrétisée par la création d’une place off-shore de libres transactions financières traitement du yuan à Hong-Kong sur la même logique que le modèle des eurodollars sur la places des cadres dans les années 60. Les exportateurs étrangers, payés en yuans, sont incités à déposer leurs recettes en yuans sur un compte rémunéré à Hong-Kong pour éviter de les échanger en dollars. Un calcul gagnant si, comme il est raisonnable de le penser, la monnaie chinoise est appelée à s’apprécier. L’objectif du yuan internationalisé ? Echapper à la dépendance totale vis-à-vis du dollar et bâtir un nouveau circuit de financement pour favoriser l’émergence de nouvelles multinationales chinoises. Une orientation portée par les dirigeants de la Banque centrale. Ses dirigeants estiment que la libéralisation sera de nature à favoriser une meilleure allocation des capitaux grâce à la fixation d’un taux d’intérêt “plus vrai”. Pour l’heure, on en reste encore loin. La Chine pratique en la matière un “gradualisme” déterminé. Meilleure preuve : la mise sur le marché d’obligations chinoises à court terme pour des montants chaque fois croissants (une troisième tranche de plusieurs milliards de yuans a été proposée en présence du vice-Premier ministre le lendemain de la dégradation de la note américaine le 5 août dernier), en attendant demain les émissions directes d’actions de sociétés. Concomitamment, les autorités ont accéléré l’appréciation du change pour contenir l’inflation, autre sujet crucial en Chine.

 

Le développement durable au cœur
Le nouveau régime de croissance de la Chine intègre la notion de développement durable. Le pays ne veut plus être la manufacture de la planète tout en ne captant qu’une part très limitée de la valeur ajoutée. Alors que l’essentiel de la création de valeur se trouve en amont dans la conception des produits, et en aval dans les services liés aux produits. L’axe majeur de la transformation en cours est de repositionner la Chine dans la division internationale du travail en intégrant aussi la préoccupation de préservation de la ressource naturelle, à l’inverse de ce qui était fait jusque-là. Le projet est de mettre en place un système de prix incitatif pour économiser le capital dans toutes ses composantes et prendre en compte le coût des externalités. Avec la volonté d’acquérir des positions en pointe, voire de leadership, dans les technologies d’avenir et les ressources renouvelables. Passer d’une économie administrée à prix contrôlés au pilotage d’une économie d’acteurs privés et décentralisés, tout en ayant la volonté de réduire l’intensité énergétique de l’économie : telle est la gigantesque et difficile bascule à réaliser. Je fais ici le pari que les autorités chinoises vont instaurer dès l’an prochain ou en 2013 une taxe carbone pour réduire la rentabilité des activités polluantes et augmenter celles des activités propres. Leur but est de conjuguer croissance soutenable et croissance tout court. Ils sont déjà leaders mondiaux dans l’éolien, et le seront demain peut-être dans le solaire. Leur intention est de capter la valeur ajoutée dans tous ces domaines. La force du système chinois est de voir loin, un atout considérable complètement en phase avec les préoccupations de développement durable.

 

Le défi urbain
Le deuxième point clé a trait à la démographie et à l’urbanisation. Le défi ? Intégrer dans un avenir proche plus de 400 millions de personnes dans des villes viables. .Il existe aujourd’hui en Chine deux méga- cités de plus de dix millions d’habitants (Shanghai et Pékin). Or il y en aura bientôt dix, sans compter une multiplication de villes de “petite” taille entre 2 et 5 millions d’habitants. L’enjeu est d’en faire des éco-cités comme Singapour, à très forte densité de population au centre, à l’inverse des villes américaines qui ont une densité constante du centre au bout de la périphérie. Cela suppose un centre compact, la construction de tours, accessibles à pied ou en vélo, et de bâtir un réseau de transports collectifs ou individuels propre. La Chine est très demandeuse de la voiture électrique et fait volontiers partie d’alliances avec les entreprises occidentales pour rendre opérationnelle au plus vite la pile à combustible. Une vaste recherche. Bref, une révolution à part entière dans la vie quotidienne est sur les rails à l’horizon des vingt prochaines années.

 

La modernisation des relations sociales
L’autre dimension a trait à l’évolution du marché du travail. Celui de la Chine est arrivé au point où la rareté de la main-d’œuvre dans certains segments entraîne déjà des hausses de salaires (théorie du “point tournant” de Lewis). Un mouvement soutenu par les autorités qui ont planifié une revalorisation des minima durant le douzième plan, l’enjeu étant de réguler les revendications dans les entreprises en instaurant un système “d’engagements réciproques” entre les employeurs et leur personnel. Mais comme les autorités ne veulent en aucun cas de syndicats libres susceptibles un jour de jouer un rôle politique, la solution passe par l’instauration de relations sociales à la façon du Japon des belles années. Le modèle japonais, avec ses syndicats maison, son idéologie du “nous sommes tous sur le même bateau” et l’évolution des salaires à l’ancienneté, pourrait être le bon pour les entreprises chinoises. Le gouvernement a des objectifs très précis en matière de protection sociale. Inscrits dans le deuxième plan, ces objectifs sont l’instauration d’une protection sociale de base uniforme et généralisée, y compris à la population rurale, et d’un système de retraites à trois étages (pension minimale, retraite professionnelle et retraite privée).

Cela suppose un système de collecte d’épargne recyclée en actifs financiers rémunérateurs et non plus en dépôts à vue et surtout un accroissement des ressources fiscales de l’Etat, bref d’inverser les transferts qui se font aujourd’hui des ménages vers les entreprises et à l’avantage de leurs dirigeants. Une démarche qui rencontre beaucoup de résistances de la part de ces derniers. La modernisation des infrastructures de transports et de distribution est un autre élément clé. Les circuits bien trop fragmentés entre les régions font obstacle à la constitution d’un vaste marché intérieur. La Chine, c’est encore les Etats-Unis d’avant les grandes lignes de chemin de fer intercontinentales. Il y a dans ce domaine d’énormes gains potentiels de productivité au bénéfice des consommateurs.

 

La mutation financière
La mutation de la finance est un autre enjeu décisif. Sur ce sujet central, les tensions sont fortes entre d’une part, ceux qui veulent garder des prix très contrôlés et pousser à la croissance selon le schéma ancien et d’autre part, ceux qui autour de la Banque centrale veulent établir un système incitant à la mutation. Pourquoi ces derniers, qui semblent avoir le vent en poupe, ne changent-ils alors d’autorité les règles ? Parce qu’une pièce essentielle de l’édifice – les collectivités locales, qui sont très endettées et dont les ressources sont assises sur les taxes foncières – ne le supporteraient pas en l’état. Il faudrait qu’elles puissent accéder aux marchés de capitaux via l’émission d’obligations. Mais qui aujourd’hui leur prêterait de l’argent ? La seule solution est d’opérer une vaste réforme fiscale organisant une redistribution entre les échelons du pays, mais je ne pense pas que la prochaine équipe se sentira capable d’ouvrir ce chantier touchant autant à la finance qu’à la fiscalité. Ou alors pas avant 2015.

 

L’équation du pouvoir
La Chine a besoin, comme cela a toujours été le cas depuis deux millénaires, d’un Etat central unitaire, condition de son non-éclatement. Mais en même temps, cet Etat doit être légitimé, accepté par la population, comme l’étaient en leur temps les empereurs. Les dirigeants actuels estiment mordicus que cet impératif ne peut être atteint que si le parti conserve le monopole du pouvoir. D’où ce paradoxe d’un régime autoritaire… extrêmement sensible aux besoins de la population. Et pour lequel le maintien de la croissance – seul moyen de satisfaire la demande sociale – est donc un enjeu crucial de survie. En Chine, la notion de démocratie représentative n’a aucun sens et ceux qui parient sur son implantation attendront longtemps. Je n’hésite pas à l’affirmer : ceux qui pensent que le problème de la Chine est d’abord politique et qu’elle n’a donc pas d’autre choix pour le résoudre que de s’aligner sur le modèle politique occidental se trompent. La Chine n’est pas monolithique. D’un côté, il y a de plus en plus de prise de parole et de contestation et de l’autre côté, le gouvernement est très sensible à l’état de l’opinion publique et aux remontées du terrain. Pour autant, jamais les autorités n’accepteront la constitution de forces organisées en dehors du parti au nom de la préservation de l’unité du pays. La Chine dispose de l’atout d’une administration forte pour conduire les changements nécessaires à la condition que cette dernière se déféodalise. L’arrivée de la nouvelle génération et l’élargissement de la base du parti communiste porteront aussi le changement.

 

Les Occidentaux et la Chine
L’Occident a tout intérêt à faire des Chinois des alliés, parce que nous partageons avec eux les mêmes objectifs à long terme. Leur volonté de ne pas s’en remettre au seul dollar rejoint la position européenne et peut aider à bâtir un nouveau système monétaire international fondé sur la coopération et non sur l’hégémonie d’une des parties. Les initiatives chinoises à l’échelon régional, loin d’entraver ce processus, s’inscrivent dans ce schéma. La Chine ne cherche absolument pas à remplacer les Etats-Unis comme maître du monde. Le monde doit être pensé différemment et l’approche chinoise peut nous y aider. Ce serait suicidaire pour les Occidentaux de ne pas le comprendre car, de gré ou de force, le monde se fera avec les Chinois et non pas contre eux. La Chine évolue rapidement – les résultats qu’elle affichera en termes de développement durable d’ici 2020 seront spectaculaires. Ce pays n’a pas fini de nous surprendre en bien. Et nous avons à apprendre de lui. La philosophie chinoise du jeu des contraires sous-tend la mise en place d’une planification flexible dans ses objectifs et adaptative dans sa mise en œuvre, l’inverse de l’esprit occidental tendu vers un idéal à atteindre et dans une sorte de tout ou rien.

 

 

Par Philippe Plassart

 

 

http://www.lenouveleconomiste.fr/michel-aglietta-cepii-la-chine-na-pas-fini-de-nous-surprendre-en-positif-11889/


Par Bruno Kermarec - Publié dans : Press Chine
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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 23:08

 

2011-05-07 09:23:21

 

 

Tính đến nay, tổng số dự án được cấp mới giấy phép đầu tư/giấy chứng nhận đầu tư có vốn đầu tư của Việt kiều (còn hiệu lực) tại Thành phố Hồ Chí Minh là 122 dự án, với tổng vốn đầu tư cấp mới hơn 260 triệu USD, trong đó, vốn góp của Việt kiều là hơn 153 triệu USD.

 

Riêng trong năm 2010, có 15 dự án với tổng vốn đầu tư 2.6 triệu USD, vốn góp của Việt kiều là 1.1 triệu USD.

Tuy các dự án của Việt kiều có quy mô và vốn đầu tư không lớn nhưng lại rất đa dạng về ngành nghề sản xuất, kinh doanh. Trong đó, tập trung vào ba lĩnh vực chính là công nghiệp chế biến, chế tạo; kinh doanh bất động sản và thông tin-truyền thông, chiếm trên 90% vốn đầu tư.

Ngoài ba nhóm ngành trên, đầu tư của Việt kiều còn trải rộng trên các lĩnh vực y tế, giáo dục, khoa học-công nghệ, xây dựng, vận tải, kho bãi, bán buôn và bán lẻ, sửa chữa xe các loại, trợ giúp xã hội, nghệ thuật-vui chơi và giải trí,…

Theo Ủy ban Nhân dân Thành phố Hồ Chí Minh, trong những năm qua, ngày càng có nhiệu người Việt Nam ở nước ngoài về nước tham gia đầu tư sản xuất, kinh doanh với nhiều ngành nghề khác nhau, góp phần xây dựng đất nước và thành phố.

Tuy nhiên, hiện vẫn còn nhiều khó khăn vướng mắc của doanh nghiệp Việt kiều đầu tư tại Việt Nam, trong đó có những vướng mắc về các quy định của pháp luật áp dụng đối với người Việt Nam ở nước ngoài liên quan đến vấn đề còn hay không còn quốc tịch Việt Nam của Việt kiều.

Để tháo gỡ những vướng mắc này, mới đây Thành phố Hồ Chí Minh đã kiến nghị về chính sách, chủ trương cần nghiên cứu bổ sung các chế độ ưu đãi cho người Việt Nam không còn quốc tịch Việt Nam, về nước đầu tư theo tinh thần của Nghị quyết 36 (năm 2004) của Bộ Chính trị về công tác đối với người Việt Nam ở nước ngoài; đồng thời tiếp tục cải cách thủ tục hành chính, đẩy nhanh cải cách các thủ tục đất đai, hải quan, các chính sách và thủ tục thuế, xóa bỏ những giấy tờ không cần thiết.

 

Source : http://inforeal.vn/tin-tuc-24h/bao-cao-thong-ke/viet-kieu-dau-tu-vao-122-du-an-tai-tp-ho-chi-minh.html

Par Bruno Kermarec - Publié dans : Press Vietnam&Business
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Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 16:42
Bảy doanh nghiệp đóng tàu Pháp sẽ tới thăm Việt Nam
Cập nhật lúc 17:43, Thứ sáu, 17/06/2011 (GMT+7)

 
NDĐT-Đại sứ quán Pháp tại Việt Nam hôm nay cho biết một đoàn doanh nghiệp gồm bảy công ty của Pháp trong lĩnh vực đóng tàu sẽ tới thăm Việt Nam để tìm hiểu thị trường đóng tàu của Việt Nam từ ngày 20 đến 23-6 do cơ quan Thương mại UBIFRANCE tại Việt Nam tổ chức.

Bảy doanh nghiệp đóng tàu của Pháp là MOTEURS BAUDOUIN, MASSON MARINE, MARINELEC, BARILLEC, LEROY SOMER, GROUPE BUDD et LE BRONZE INDUSTRIEL sẽ có các cuộc gặp và làm việc trực tiếp với các đơn vị, doanh nghiệp hàng hải tại Hà Nội, Nam Định, Hải Phòng và TP Hồ Chí Minh nhằm hiểu rõ hơn về các cảng đóng tàu lớn của Việt Nam, các cảng đóng tàu nhà nước, tư nhân cũng như các cảng đóng tàu nước ngoài đang có mặt tại Việt Nam trong đó có tập đoàn SEAS/PIRIOU của Pháp.

 

Đây cũng là cơ hội để các doanh nghiệp này, vốn đã có kinh nghiệm và uy tín trên trường quốc tế giới thiệu đến các nhà lãnh đạo và các doanh nghiệp Việt Nam về các công nghệ tiên tiến, trang thiết bị dịch vụ, công nghệ thiết kế tàu, cũng như quy trình sản xuất công nghiệp của mình.


Bên cạnh đó, chuyến công tác tìm hiểu này còn góp phần tăng cường mối quan hệ hợp tác giữa các đơn vị và doang nghiệp Việt Nam-Pháp nhằm phát triển các mối quan hệ đối tác bền vững, hợp tác thương mại, công nghiệp và công nghệ.

 

 

THU TRANG

 

 

 

Source : http://www.nhandan.com.vn/cmlink/nhandandientu/thoisu/kinh-te/kinh-t-tin-chung/b-y-doanh-nghi-p-ong-tau-phap-s-t-i-th-m-vi-t-nam-1.300458#vg6JSy2vTJud

 


Par Bruno Kermarec - Publié dans : Press Vietnam&Business
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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 15:51
Par Bruno Kermarec - Publié dans : Press Chine
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Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 22:03

 

 

Par Bruno Kermarec - Publié dans : Mondial
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